PERMETTEZ MONSIEUR LE PRESIDENT !
Permettez, Monsieur le Président, au « citoyen lamda », que je suis, ignorant des impératifs économiques et sociaux, d’avoir une opinion sur la décision que vous avez prise de supprimer la taxe professionnelle. Si les capitaines d’industrie ne peuvent que se réjouir d’une telle mesure qui favorisera les investissements, comme la diminution du taux de la TVA a fait baisser le prix des repas dans la restauration, je doute que les collectivités locales partagent leur enthousiasme. Avec la suppression de l’octroi de mer – mais là, me direz-vous, ce n’est pas votre problème – qui se profile à l’horizon, les collectivités des DOM vont se retrouver «à poils», sauf le respect que je vous dois, Monsieur le Président.
Si l’on en croit les médias, vingt quatre sénateurs – et non des moindres – de votre majorité auraient déjà montré les crocs; iront-ils jusqu’à mordre, quitte à mettre en pièces cette mesure phare du budget de l’Etat élaboré par votre gouvernement? Ne craignez vous pas que la fronde s’amplifie et que la vague de mécontentements, après avoir balayé Matignon, déferle jusque sur les marches de l’Elysée?
Monsieur le Président., j’ai fait un rêve.
Dans notre île, les collectivités locales avaient déclaré faillite par manque de financement. Les écoles, tombées en ruines, s’écroulaient sur nos enfants. Les routes n’étaient plus que des pistes sur lesquelles des employés communaux s’évertuaient à boucher les trous tandis que, sur des monceaux d’ordures alignés sur les bas-côtés, des chiens errants se disputaient les détritus. J’ai aussi rêvé que les associations – toutes les associations – privées de subsides, s’étaient regroupées en une grande association de mécontents, jurant qu’on ne les y prendrait plus…